Une paire de chaussures de sécurité porte entre six et dix codes sur son étiquette. La norme chaussure de sécurité EN ISO 20345 les définit tous, mais aucun fabricant ne les traduit en langage de terrain. Un responsable achats commande alors du S3 là où du S1P suffisait, ou l'inverse, et l'écart se paie en accidents ou en budget. Quelle différence réelle sépare S1 de S3 ? Que valent les classes S6 et S7 apparues en 2022 ? Vos paires marquées SRC restent-elles conformes ? Ce guide répond code par code, et se termine par un tableau de correspondance métier, en complément de la gamme chaussures de sécurité de SBE Direct qui couvre les classes S1P à S5.

À retenir

  • La norme EN ISO 20345 impose un embout qui résiste à 200 joules et à 15 kilonewtons. Sans ces deux résultats, la chaussure n'est pas une chaussure de sécurité.
  • Huit classes existent : SB, S1, S2, S3, S4, S5, S6 et S7. S3 reste la référence sur chantier, S5 son équivalent en botte polymère pour les milieux détrempés.
  • S6 et S7 sont apparues en 2022. Ce sont les anciennes combinaisons S2 WR et S3 WR, devenues des classes autonomes et réellement étanches.
  • Les marquages SRA, SRB et SRC ont disparu. L'antidérapance devient une exigence de base, et SR identifie un essai complémentaire sur céramique lubrifiée au glycérol.
  • L'anti-perforation se lit en trois codes : P pour l'insert métallique, PL et PS pour les inserts non métalliques testés au clou de 4,5 et de 3 millimètres.
  • Le choix se fait sur trois questions : risque de perforation, exposition à l'eau, régularité du sol.
  • L'employeur fournit les chaussures gratuitement et en assure le remplacement, en application des articles R4321-4 et R4323-95 du Code du travail.

Qu'est-ce que la norme EN ISO 20345 ?

La norme ISO 20345 est la norme européenne qui fixe les exigences des chaussures de sécurité. Son critère fondateur tient en deux chiffres : l'embout de protection doit résister à un choc de 200 joules et à une compression de 15 kilonewtons. Sans ces deux résultats, une chaussure n'est pas une chaussure de sécurité.

Dit simplement : 200 joules correspondent à une masse de 20 kilos lâchée d'un mètre de haut sur vos orteils, et 15 kilonewtons à une pression d'environ 1,5 tonne. C'est le seuil qui sépare une chaussure de sécurité d'une chaussure de travail ordinaire.

Sur le plan technique, EN ISO 20345 décrit les exigences, tandis que la norme EN ISO 20344 décrit les méthodes d'essai qui permettent de les vérifier. Les deux fonctionnent en couple. Le marquage CE apposé sur la chaussure découle quant à lui du Règlement (UE) 2016/425 sur les équipements de protection individuelle, qui classe les chaussures de sécurité en catégorie II. La version en vigueur de la norme est EN ISO 20345:2022, qui remplace progressivement EN ISO 20345:2011.

Note SBE : la mention « CE » seule ne dit rien du niveau de protection. Ce sont le code de classe (S1, S3, S7) et les marquages additionnels qui portent l'information utile. Une chaussure CE sans code S n'est pas une chaussure de sécurité.

Quelles différences entre ISO 20345, 20346 et 20347 ?

Trois normes couvrent les chaussures professionnelles, et une seule concerne la sécurité. EN ISO 20345 impose un embout résistant à 200 joules, EN ISO 20346 un embout à 100 joules, EN ISO 20347 aucun embout. Chacune utilise son propre préfixe de classe : S pour la sécurité, P pour la protection, O pour le travail.

NormeFamilleEmboutPréfixe de classeUsage type
EN ISO 20345Chaussure de sécurité200 J et 15 kNSB, S1 à S7Chantier, industrie, logistique, agroalimentaire
EN ISO 20346Chaussure de protection100 JPB, P1 à P5Usage marginal en France, rare au catalogue
EN ISO 20347Chaussure de travailAucunOB, O1 à O7Cuisine, service, milieu hospitalier sans risque d'écrasement

En pratique, la norme EN ISO 20346 reste confidentielle sur le marché français. L'arbitrage réel se joue entre EN ISO 20345 et EN ISO 20347. Si le poste expose à une chute d'objet, même légère, la réponse est EN ISO 20345. La logique est la même que pour les autres équipements de protection individuelle : le niveau se choisit à partir de l'évaluation des risques, jamais à partir du confort seul.

Classification des chaussures de sécurité : de SB à S7

La classification chaussures de sécurité empile huit niveaux. SB constitue le socle, S1 et S2 ajoutent le confort et l'étanchéité de la tige, S3 ajoute l'anti-perforation, S4 et S5 désignent les bottes moulées en polymère, S6 et S7 désignent les modèles entièrement étanches introduits en 2022.

SB : le socle commun à toutes les chaussures de sécurité

SB signifie « Safety Basic ». La chaussure porte un embout à 200 joules, une semelle antidérapante et rien d'autre d'obligatoire. Le talon peut être ouvert, la tige n'est pas testée à l'eau, la semelle n'est pas anti-perforation. SB seul se rencontre surtout sur des sabots et des sandales de sécurité. Toutes les autres classes sont des SB enrichis.

S1 et S2 : antistatisme, absorption d'énergie et tige hydrofuge

S1 ajoute trois exigences au socle SB : talon fermé, propriétés antistatiques (marquage A) et absorption d'énergie dans la zone du talon (marquage E). C'est la classe des ateliers secs et des entrepôts couverts.

S2 reprend tout S1 et ajoute la résistance de la tige à la pénétration et à l'absorption d'eau (marquage WPA). Attention au contresens fréquent : S2 protège contre une projection ou une flaque traversée rapidement, pas contre une immersion. La chaussure n'est pas étanche.

Le complément le plus demandé sur S1 reste l'anti-perforation, ce qui donne S1P. Au catalogue SBE Direct, ce cas de figure domine, par exemple ce modèle basse à semelle anti-perforation dont l'insert textile est certifié EN 12568 et résiste à 1 100 newtons.

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Fichier à insérer : CHAUSSURE-SECURITE-classes-SB-S7-FR.png

ALT : Classification des chaussures de sécurité de SB à S7 selon EN ISO 20345:2022, avec la protection ajoutée par chaque classe.

S3 : la catégorie de référence sur chantier

La chaussure de sécurité norme S3 combine S2, la résistance à la perforation de la semelle et une semelle à crampons. Trois protections dans un seul code, ce qui explique sa position de standard de fait sur les chantiers et dans l'industrie lourde.

Le code se décline selon le type d'insert : S3 avec insert métallique, S3L avec insert non métallique testé au clou de 4,5 millimètres, S3S avec insert non métallique testé au clou de 3 millimètres. Plus le clou d'essai est fin, plus la couverture est large : un S3S arrête des objets qu'un S3L laisse passer. Exemple au catalogue, cette chaussure S3 style basket en nubuck règle la question de l'acceptation par les équipes.

S4 et S5 : bottes polymère pour milieux humides

S4 et S5 ne désignent pas un niveau supérieur à S3. Elles désignent une autre construction : une botte moulée d'une seule pièce en PVC, en caoutchouc ou en polyuréthane, donc étanche par nature.

  • S4 : botte polymère avec embout 200 J, propriétés antistatiques et absorption d'énergie au talon.
  • S5 : tout S4, plus la résistance à la perforation et une semelle à crampons.

S5 est l'équivalent de S3 pour les milieux détrempés : voirie, assainissement, agroalimentaire humide, bétonnage. Ces bottes genoux S5 anti-perforation en PVC illustrent la configuration type, avec embout acier et insert acier.

S6 et S7 : les catégories étanches introduites en 2022

Voici la principale nouveauté de la version 2022. Avant elle, une chaussure en cuir étanche se notait « S2 WR » ou « S3 WR ». Ces combinaisons deviennent des classes à part entière.

  • S6 : équivalent de S2 avec résistance à l'eau de la chaussure entière (WR), sans anti-perforation.
  • S7 : équivalent de S3 avec résistance à l'eau de la chaussure entière (WR), anti-perforation comprise.

La différence avec S2 et S3 est nette. WPA teste la tige seule et tolère une pénétration mesurée. WR teste la chaussure montée en conditions de marche et n'admet aucune entrée d'eau à l'intérieur. S7 se décline également en S7L et S7S selon le type d'insert anti-perforation.

Tableau récapitulatif des classes SB, S1, S2, S3, S4, S5, S6 et S7

ClasseEmbout 200 JAntistatique (A)Absorption talon (E)Tige hydrofuge (WPA)Anti-perforationÉtanche (WR)Construction
SBOuiNonNonNonNonNonLibre
S1OuiOuiOuiNonNonNonTalon fermé
S1P / S1PL / S1PSOuiOuiOuiNonOuiNonTalon fermé
S2OuiOuiOuiOuiNonNonTalon fermé
S3 / S3L / S3SOuiOuiOuiOuiOuiNonSemelle à crampons
S4OuiOuiOuiÉtanche par natureNonÉtanche par natureBotte polymère moulée
S5 / S5L / S5SOuiOuiOuiÉtanche par natureOuiÉtanche par natureBotte polymère, crampons
S6OuiOuiOuiOuiNonOuiTalon fermé
S7 / S7L / S7SOuiOuiOuiOuiOuiOuiSemelle à crampons

Différence entre S1 et S3 : comment trancher ?

La différence entre S1 et S3 se résume à deux protections : S3 ajoute l'étanchéité de la tige (WPA) et la semelle anti-perforation, plus une semelle à crampons. S1 protège les orteils et le talon dans un environnement sec et propre. S3 protège en plus la plante du pied contre les objets perforants et tolère l'humidité.

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Fichier à insérer : CHAUSSURE-SECURITE-S1-ou-S3-FR.png

ALT : Trois questions pour choisir entre une chaussure de sécurité S1 et S3 : objets perforants, exposition à l'eau, régularité du sol.

Un cas revient souvent : l'atelier de mécanique, sec mais jonché de copeaux et de visserie. Le S1P y répond mieux que le S3, car l'étanchéité de la tige y est inutile et pénalise la respirabilité. C'est l'arbitrage que représente ce modèle haut S1P à embout acier, ou sa version à coque composite non métallique quand il faut passer des portiques de détection.

Trois questions suffisent à trancher, dans cet ordre.

  1. Le sol comporte-t-il des objets perforants ? Clous, vis, chutes de tôle, gravats, bris de verre. Si oui, il faut une semelle anti-perforation : S1P au minimum, S3 si le sol est aussi humide.
  2. Le pied est-il exposé à l'eau ou aux liquides ? Projections occasionnelles ou flaques traversées : S2 ou S3. Station debout dans l'eau ou lavage au jet : S5, S6 ou S7.
  3. Le sol est-il irrégulier ? Terre, boue, remblai, gravier : la semelle à crampons de S3 apporte l'adhérence que S1 n'a pas.

Marquages additionnels : décoder l'étiquette de vos chaussures

Les marquages additionnels complètent le code de classe. Ils décrivent des protections optionnelles que le fabricant a fait tester : résistance thermique, isolation, anti-perforation, protection du métatarse, adhérence renforcée. Chacun correspond à un essai précis décrit par la norme EN ISO 20344.

Tableau complet des exigences additionnelles

CodeSignificationCe que cela garantit
AAntistatiqueRésistance électrique comprise entre 0,1 et 1 000 mégohms. Évacue les charges statiques sans supprimer la protection contre le contact électrique.
CConducteurRésistance inférieure à 0,1 mégohm. Réservé aux zones à risque explosif. À proscrire en présence de tension.
EAbsorption d'énergie du talon20 joules absorbés dans la zone du talon. Réduit les chocs de la marche prolongée.
WPATige hydrofugeAncien WRU. Pénétration et absorption d'eau limitées au niveau de la tige uniquement.
WRChaussure entière étancheAucune pénétration d'eau à l'intérieur de la chaussure montée. Base des classes S6 et S7.
PAnti-perforation, insert métalliqueInsert acier. Couverture partielle de la semelle, sensible aux portiques de détection.
PLAnti-perforation non métallique, clou 4,5 mmInsert textile ou composite. Plus léger et plus souple, couverture plus large.
PSAnti-perforation non métallique, clou 3 mmMême principe, testé avec un clou plus fin. Niveau de couverture le plus élevé.
HIIsolation contre la chaleur du solLimite la transmission de chaleur par la semelle. Fonderie, asphalte, bitume.
CIIsolation contre le froid du solLimite la transmission du froid par la semelle. Chambre froide, extérieur en hiver.
HROSemelle résistante à la chaleur de contactContact de 300 °C pendant 60 secondes sans dégradation. Couverture, soudage, cuisine.
FOSemelle résistante aux hydrocarburesLa semelle ne gonfle pas et ne se délite pas au contact des huiles et carburants.
MProtection du métatarseCoque couvrant le dessus du pied. Manutention de charges lourdes, fonderie.
ANProtection de la malléoleRembourrage latéral de la cheville. Quais, échafaudages, sols encombrés.
CRRésistance à la coupure de la tigeTige résistante aux objets tranchants. Verrerie, tôlerie, abattage.
SRAntidérapance additionnelleEssai sur carreau céramique lubrifié au glycérol. Remplace SRA, SRB et SRC.
SCRésistance à l'abrasion du pare-pierre8 000 cycles Martindale sans percement. Travail à genoux, accroupi ou en rampant.
LGAccroche sur échelleProfil transversal d'au moins 1,5 millimètre dans la zone du cambrion. Travail en hauteur.

Comment interpréter une chaîne complète

Une étiquette se lit de gauche à droite : la norme, puis la classe, puis les marquages additionnels dans l'ordre où le laboratoire les a validés. Voici un exemple décortiqué.

EN ISO 20345:2022 S3L SR HRO FO CI

SegmentLecture normativeTraduction terrain
EN ISO 20345:2022Chaussure de sécurité, embout 200 J, version 2022Vrai EPI, certifié sur la version en vigueur.
S3Talon fermé, A, E, WPA, anti-perforation, semelle à cramponsElle encaisse les clous, l'humidité et les sols meubles.
LInsert anti-perforation non métallique, clou d'essai 4,5 mmPas de métal dans la semelle : plus légère, passe les portiques.
SRAntidérapance testée sur céramique lubrifiée au glycérolElle tient sur un sol gras, pas seulement sur un sol savonneux.
HROSemelle testée à 300 °C pendant 60 secondesOn peut marcher sur du bitume chaud ou près d'un poste de soudure.
FOSemelle résistante aux hydrocarburesLes huiles ne rongent pas la semelle.
CIIsolation contre le froid du solStation debout prolongée sur béton froid ou en chambre froide.

Résumé en une phrase : cette chaussure convient à un agent de maintenance industrielle qui alterne sols froids, sols gras et zones chaudes, sans partie métallique dans la semelle.

Ce qui change avec la norme EN ISO 20345:2022

Six changements séparent EN ISO 20345:2022 de la version 2011 : création des classes S6 et S7, distinction des inserts anti-perforation P, PL et PS, refonte de l'antidérapance, passage de FO en option, ajout du marquage SC et ajout du marquage LG.

  1. Classes S6 et S7. Les combinaisons S2 WR et S3 WR deviennent des classes autonomes.
  2. Anti-perforation détaillée. P désigne désormais le seul insert métallique. PL et PS désignent les inserts non métalliques, testés respectivement au clou de 4,5 et de 3 millimètres.
  3. Antidérapance refondue. Selon le guide technique publié par uvex safety, les marquages SRA, SRB et SRC disparaissent. La résistance au glissement devient une exigence de base de toutes les chaussures, et le marquage SR identifie un essai complémentaire sur céramique lubrifiée au glycérol. Les zones testées sont désormais le talon à l'attaque du pas et l'avant-pied à la poussée.
  4. FO devient optionnelle. La résistance de la semelle aux hydrocarbures n'est plus exigée d'office sur S1, S2 et S3. Elle doit être vérifiée marquage par marquage.
  5. Marquage SC. Nouveau test d'abrasion du pare-pierre, sur 8 000 cycles Martindale.
  6. Marquage LG. Nouveau test d'accroche sur barreau d'échelle, auparavant réservé aux chaussures de pompiers.

Note SBE : sur les 9 modèles de notre catalogue contrôlés en septembre 2026, tous portent encore un marquage de la version 2011, soit S1P SRC, S3 SRC, S3 HRO SRC ou S5 SRA. Ce n'est pas un défaut de conformité. Le stock certifié sous la version 2011 reste utilisable, et les certificats émis avant novembre 2024 restent valables, ce qui laisse les deux versions coexister sur le marché jusqu'à la fin de la décennie. Le point de vigilance est ailleurs : un appel d'offres qui exige « SRC » exclut mécaniquement les modèles certifiés 2022, qui portent « SR ». Il faut réécrire ces clauses.

Quelle norme de chaussure de sécurité selon votre métier ?

Le bon marquage se déduit des risques du poste, pas du secteur. Un électricien en armoire et un électricien sur chantier n'ont pas les mêmes besoins. Le tableau ci-dessous donne le point de départ le plus fréquent par métier, à confronter à votre document unique d'évaluation des risques.

MétierRisques dominantsMarquage recommandéOptions utiles
BTP et chantierClous, gravats, boue, sols meublesS3, ou S7 si boue permanenteLG si échelles, AN sur échafaudage
Mécanicien et maintenanceHuiles, hydrocarbures, chute d'outilsS1P, S3 en extérieurFO impératif, M si pièces lourdes
ÉlectricienContact électrique, électricité statiqueS1P ou S3 sans partie métalliqueA obligatoire, ESD en électronique, jamais C
AgroalimentaireEau, graisses, lavage au jet, hygièneS2 ou S3, S5 en zone humideSR, matière lavable, semelle claire
Cuisine et restaurationSol gras et mouillé, chutes d'objets chaudsS2 ou S3 selon le posteSR impératif, HRO près des friteuses
Logistique et entrepôtChute de charges, roulage, marche prolongéeS1P, S3 sur quai extérieurE renforcée, AN, SR

BTP et chantier : S3 à crampons, anti-perforation

Cuisine et agroalimentaire : sabot SR sur sol gras

Logistique : S1P en entrepôt couvert

BTP et chantier

Le S3 est ici le standard minimal, pour une raison simple : le clou traversant est le risque numéro un du gros œuvre, et la semelle anti-perforation est la seule barrière. La norme chaussure de sécurité BTP se double souvent d'un besoin d'adhérence sur échelle, donc du marquage LG depuis 2022.

Mécanicien et maintenance industrielle

La norme chaussure de sécurité mécanicien tourne autour de FO. Une semelle non testée aux hydrocarbures gonfle, durcit puis se décolle au contact répété des huiles. Ces chaussures résistantes aux hydrocarbures combinent embout acier 200 J, insert anti-perforation acier et semelle polyuréthane double densité.

Électricien

La norme chaussure de sécurité électricien impose deux réflexes. Premier réflexe : le marquage A, jamais le marquage C, qui rend la chaussure conductrice. Second réflexe : éliminer les parties métalliques de la semelle et de l'embout, donc choisir une coque composite et un insert textile. En électronique et en salle blanche, ajoutez le marquage ESD, comme sur cette chaussure antistatique ESD à embout acier et tige tricotée.

Agroalimentaire

La norme chaussure de sécurité alimentaire ajoute une contrainte que la norme ne traite pas : la nettoyabilité. Un S2 ou un S3 en microfibre lavable convient en zone de préparation. En zone de lavage au jet, passez à la botte S5, ou au S7 si l'agent doit marcher hors zone humide dans la même journée. Ces sabots de sécurité blancs à coque acier et tige microfibre couvrent le cas des industries laitières et pharmaceutiques.

Cuisine et restauration

La norme chaussure de sécurité cuisine se joue sur l'adhérence. Un sol de cuisine combine eau, graisse et farine, soit exactement le cas que teste le marquage SR sur céramique lubrifiée au glycérol. Ajoutez HRO pour les postes de friture et de four. Le S2 suffit quand aucun objet lourd ne tombe, sinon S3.

Logistique et entrepôt

La norme chaussure de sécurité logistique répond à deux risques distincts : la chute de charge depuis un rayonnage et la fatigue liée à dix kilomètres de marche quotidienne. Le S1P couvre l'entrepôt couvert et sec. Le passage au S3 s'impose dès que les quais extérieurs entrent dans le périmètre. Sur ces postes, une chaussure haute S3 HRO couvre en prime les zones de maintenance et de soudage attenantes.

Obligations de l'employeur : ce que dit le Code du travail

Le Code du travail impose à l'employeur de fournir les chaussures de sécurité, gratuitement, et d'en assurer l'entretien et le remplacement. Deux articles portent cette obligation : l'article R4321-4 pour la mise à disposition, l'article R4323-95 pour la gratuité et la maintenance.

Fourniture et gratuité des EPI

Selon l'article R4321-4 du Code du travail, « l'employeur met à la disposition des travailleurs, en tant que de besoin, les équipements de protection individuelle appropriés et, lorsque le caractère particulièrement insalubre ou salissant des travaux l'exige, les vêtements de travail appropriés. Il veille à leur utilisation effective ».

L'article R4323-95 ajoute la règle qui tranche les litiges : les équipements de protection individuelle « sont fournis gratuitement par l'employeur qui assure leur bon fonctionnement et leur maintien dans un état hygiénique satisfaisant par les entretiens, réparations et remplacements nécessaires ».

Trois conséquences pratiques en découlent. Aucune retenue sur salaire ne peut financer une paire de chaussures de sécurité. Aucune caution ne peut être exigée. Et le remplacement d'une paire usée relève de l'employeur, pas du salarié. Pour les intérimaires, l'article L1251-23 organise la répartition entre l'entreprise de travail temporaire et l'entreprise utilisatrice.

Durée de vie et renouvellement

Aucun texte ne fixe de durée de vie légale pour une chaussure de sécurité. Le remplacement se décide sur l'état réel, selon quatre critères observables.

  • Crampons de la semelle lissés ou arrachés : l'adhérence certifiée n'existe plus.
  • Tige percée, décousue ou déformée : le maintien du pied et l'étanchéité sont perdus.
  • Embout visible, bosselé ou déplacé : la chaussure est à retirer immédiatement du service.
  • Choc violent encaissé : l'embout est à usage unique, même sans déformation apparente.

En usage intensif sur chantier, un renouvellement annuel est la pratique la plus répandue. En usage tertiaire ou en entrepôt, deux ans sont courants. Le suivi des dotations gagne à être documenté, au même titre que celui des normes européennes des gants de sécurité, dont la logique de marquage suit les mêmes principes.

Conclusion

Trois réflexes suffisent à choisir juste. Premier réflexe : partir du risque de perforation, car il décide entre S1 et S3. Deuxième réflexe : qualifier l'exposition à l'eau, car elle décide entre S2, S5 et S7. Troisième réflexe : lire les marquages additionnels, car ce sont eux qui font la différence entre une chaussure conforme et une chaussure adaptée au poste.

Sur le sujet voisin des gants, le passage de EN 420 à EN ISO 21420 obéit à la même logique de transition que celle décrite ici. Notre article sur la norme EN 420 et EN ISO 21420 détaille jusqu'à quand vos stocks restent conformes.

SBE Direct accompagne depuis 1992 les équipes sécurité et achats de plus de 16 000 clients, avec des échantillons gratuits, un devis express sous 4 heures et des tarifs dégressifs. Pour confronter votre évaluation des risques au bon code, parcourez les modèles ou demandez un échantillon avant de commander : la norme chaussure de sécurité ne se choisit bien qu'une fois la chaussure essayée sur le poste.

Mis à jour en septembre 2026.

FAQ

Que représentent S1, S2 et S3 dans les chaussures de sécurité ?

S1, S2 et S3 sont trois niveaux croissants de la norme EN ISO 20345. S1 ajoute au socle SB un talon fermé, des propriétés antistatiques et l'absorption d'énergie au talon. S2 reprend S1 et ajoute la résistance de la tige à l'eau, notée WPA. S3 reprend S2 et ajoute la semelle anti-perforation ainsi qu'une semelle à crampons. Autrement dit, S1 protège les orteils et le talon, S2 y ajoute l'humidité, S3 y ajoute la perforation et l'adhérence sur sol meuble. Sur un chantier, S3 est le point de départ ; en atelier sec, S1P suffit le plus souvent.

Quelle est la norme S4 pour les chaussures de sécurité ?

S4 désigne une botte de sécurité moulée d'une seule pièce en polymère, PVC, caoutchouc ou polyuréthane, donc étanche par construction. Elle comporte un embout résistant à 200 joules, des propriétés antistatiques et l'absorption d'énergie au talon, sans semelle anti-perforation. S4 n'est pas un niveau supérieur à S3 : c'est une autre famille, destinée aux milieux détrempés. Dès qu'un risque de perforation existe, il faut passer en S5, qui ajoute l'insert anti-perforation et une semelle à crampons.

Quelle est la législation concernant les chaussures de sécurité ?

Deux textes s'appliquent. Le Règlement (UE) 2016/425 encadre la mise sur le marché et impose le marquage CE. Le Code du travail encadre l'usage en entreprise : l'article R4321-4 oblige l'employeur à mettre à disposition les équipements de protection individuelle appropriés et à veiller à leur utilisation effective, et l'article R4323-95 précise qu'ils sont fournis gratuitement, l'employeur assurant entretien, réparations et remplacements. Aucune participation financière ne peut être demandée au salarié. Le port se rend obligatoire par consigne interne, sur la base de l'évaluation des risques consignée dans le document unique.

Mes chaussures marquées SRC sont-elles encore conformes ?

Oui. Les chaussures certifiées sous EN ISO 20345:2011, qui portent les marquages SRA, SRB ou SRC, restent conformes et utilisables tant qu'elles sont en bon état. La version 2022 ne rend pas le stock existant illégal : elle s'applique aux nouvelles certifications. Le point à corriger se situe dans vos documents d'achat. Un cahier des charges qui exige « SRC » écarte sans le vouloir tous les modèles certifiés 2022, qui portent « SR ». Remplacez la clause par une formulation neutre du type « antidérapance conforme à la version applicable de la norme EN ISO 20345 ».

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